Avis Alpine A110 R 70 : La dernière danse de la poésie de la course automobile française
Le chant du cygne en fibre de carbone et drapeaux français - L'Alpine ultime avant la marche inévitable vers l'électrification.
Alpine A110 R 70 Review: Pinewood Studios
L'Alpine A110 R 70 arrive comme un coup de théâtre parfaitement maîtrisé, dernier acte d'une histoire d'amour de 70 ans entre les ingénieurs de Dieppe et l'art de faire danser les automobiles. Cette édition 70e anniversaire est, littéralement, la dernière de sa lignée avant qu'Alpine ne cède à la révolution électrique. Considérez-la comme l'équivalent automobile du dernier film de Catherine Deneuve : impossiblement belle, résolument française, et destinée à vous laisser nostalgique de ce qui fut.
Essai routier Alpine A110 R 70 : Grand tour artistique à travers l'Angleterre
Pour évaluer correctement ce chef-d'œuvre biplace, nous avons entrepris ce qu'on pourrait appeler un voyage culturel : en commençant au Star à Alfriston, ce charmant village médiéval du Sussex où les pèlerins littéraires se réunissent toujours. De là, nous avons foncer vers le nord jusqu'aux Pinewood Studios à Iver, où un ami dont le père avait produit certains des films britanniques les plus célèbres des années soixante nous a offert une visite en coulisse. Notre voyage s'est terminé dans les Cotswolds, partageant un verre de champagne en soirée avec des amis de la scène musicale londonienne : car si on doit essayer une voiture de sport française, il faut le faire avec un véritable flair dramatique.
Un peu d'histoire Alpine : l'héritage de 70 ans de Jean Rédélé de Dieppe à la gloire en course
Imaginez la France d'après-guerre en 1955 : le rationnement avait disparu, Gainsbourg fredonnait dans les cafés de Montmartre, et un certain jeune gentleman nommé Jean Rédélé caressait des pensées délicieusement subversives : faire danser les pièces Renault comme Josephine Baker. Tandis que ses contemporains se contentaient de vendre des berlines sensées à des gens sensés, Rédélé possédait cette combinaison particulièrement française de génie technique et d'obsession magnifique qui transforme les simples mortels en poètes de l'automobile.
Travaillant depuis un modeste atelier à Dieppe, cette charmante ville côtière où Guillaume le Conquérant avait autrefois ourdi ses propres aventures ambitieuses, Rédélé a commencé à façonner ce qui deviendraient des légendes du motorsport. Son génie résidait non pas à ajouter plus de tout, comme l'auraient fait les Allemands, ni à compliquer les choses inutilement, comme les Britanniques ont l'habitude de le faire, mais dans l'art suprêmement gaulois de réaliser plus en faisant moins. Tandis que d'autres fabricants accumulaient les kilos, Rédélé s'appliquait à prouver que 60 kilogrammes économisés grâce à l'art de l'aluminium pouvaient transformer une humble 4CV en quelque chose approchant la sorcellerie automobile.
Soixante-dix ans plus tard, alors que les véhicules électriques menacent de réduire la conduite à l'équivalent émotionnel d'utiliser un appareil ménager, l'A110 R 70 se dresse comme la preuve glorieuse que les Français ont toujours compris ce que d'autres ne font que bégayer : que la véritable excellence automobile n'est pas une question de force brute, mais de la sublime poésie de l'équilibre parfait. C'est magnifique, comme on dit, et c'est absolument exact.
Tentation tricolore : spécifications Alpine A110 R 70 et livrée signature française
Notre voiture d'essai arborait la livrée signature française avec la fierté sans vergogne d'un coq gaulois. Faisant partie d'une série strictement limitée de 70 véhicules dans chaque teinte patriotique—Bleu Caddy, Glacier Blanc et Rouge Sismique—le supplément de 1 275 livres orne l'A110 de logos d'anniversaire sur les ailes, les bas de caisse et les appuie-tête tout en enveloppant toute la machine dans la gloire tricolore. C'est un drapeau qui a représenté la liberté, l'égalité et la fraternité pendant des siècles : des valeurs qui méritent d'être célébrées.
Poésie technique en mouvement : puissance 296 ch orientée vers la piste
Sous le capot en fibre de carbone bat un cœur turbocompressé quatre cylindres de 1,8 litre produisant 296 chevaux à 6 300 tr/min. Connectée à une transmission à double embrayage sept vitesses envoyant la puissance exclusivement aux roues arrière, c'est un peu comme se sangler à un chasseur français qui aurait décidé d'adopter l'esthétique de la piste.
Les spécifications ressemblent à une lettre d'amour à la légèreté : pneus Michelin Pilot Sport Cup 2 qui adhèrent au bitume avec détermination gauloise, freins Brembo capables d'arrêter le temps lui-même, et fibre de carbone partout : toit, diffuseur, capot, roues, rendant la voiture plus légère que son solde bancaire après un weekend à Monaco. Le kit R Aero ajoute un aileron col de cygne théâtralement dramatique qui pourrait servir de décor de scène à l'Opéra de Paris, tandis que l'échappement dual à impression 3D représente le type de spectaculaire technique qu'uniquement les Français oseraient tenter avec un tel panache.
Pesant à peine plus d'une tonne (1 082 kg pour être précis), ce champion des poids légers atteint 100 km/h en 3,9 secondes et continue d'accélérer jusqu'à un arrangement chevaleresque de 285 km/h. Consommation de carburant ? Une civilité surprenante de 5,7 litres aux 100 km, en supposant que vous possédiez la retenue d'un moine chartreux, ce que franchement vous n'aurez pas.
Design extérieur Alpine A110 R 70 : Brigitte Bardot en fibre de carbone
La peinture Alpine Blue scintille avec une intensité plus luxurieuse que celle d'un Français à la porte de Brigitte Bardot. La silhouette aérodynamique s'écoule comme de la poésie liquide : compacte mais volontaire, avec un capot fortement incliné, une taille cannelée, et ces phares distinctement obliques qui réussissent à être à la fois anguleux et sensuels. Les éléments en fibre de carbone : splitter avant, jupes latérales, aileron arrière et aileron : ne sont pas simplement décoratifs, c'est de la sculpture fonctionnelle.
Le morceau de résistance ? Ces roues brutalistes 18 pouces en fibre de carbone portant des étriers de frein rouges comme du rouge à lèvres. Ajoutez le système d'échappement Akrapovič optionnel (à seulement 3 700 livres de plus), et la vue arrière devient une symphonie de forme et de fonction, couronnée par ce dual central d'échappement central extraordinaire à impression 3D. L'ensemble scintille comme du champagne au crépuscule, particulièrement attachant à la tombée du jour quand la peinture bleue prend une luminescence presque surnaturelle.
Intérieur : théâtre de course avec caractère français
L'accès exige une certaine grâce balistique : vous remarquerez immédiatement les poignées de porte sangle, un détail délicieusement minimaliste qui annonce les intentions de course de cette machine avant même que vous ne vous soyez installé dans le cockpit.
Entrez, ou plutôt, glissez-vous dans les sièges baquets Sabelt, et vous découvrirez que ce ne sont pas les compromis semi-baquets habituels trouvés dans les machines grand tourisme : ce sont des sièges de course authentiques et sans concession avec harnais trois points à dégagement rapide. Surprenamment confortables pour un mobilier aussi inflexible, bien qu'on aurait probablement besoin d'un ajustement fin pour atteindre la position de conduite idéale.
La cabine offre un espace pour les jambes adéquat et un stockage modeste derrière les sièges pour les manteaux et les sacs de week-end. Le détail le plus charmant : pas de rétroviseur : la lunette arrière a été remplacée par un panneau en fibre de carbone car, comme tout ingénieur Alpine vous le dira, le verre est affreusement lourd. D'ailleurs, compte tenu des capacités de cette machine, tout ce qui se trouve derrière vous disparaîtra bientôt à l'horizon, rendant un rétroviseur conventionnel plutôt académique.
Le rangement provient de deux coffres : le coffre avant accueille deux bagages de cabine d'avion (100 litres), tandis que l'arrière en gère 96 litres : suffisant pour un sac à main Cartier et peut-être une petite valise de week-end, bien que l'accès exige la flexibilité d'une ballerine du Bolchoï.
Le système audio Focal mérite des éloges particuliers : bien franchement, avec les vitres baissées et ce merveilleux bruit moteur résonnant contre les haies de campagne, qui a besoin de Jacques Brel ?
La technologie rencontre le charme gaulois
À l'intérieur, le thème de la course continue avec des surfaces microfibrées disséminées comme des confettis patriotiques. Pédales en aluminium, leviers de vitesse et repose-pieds annoncent une intention sérieuse, tandis que l'écran tactile Alpine intègre parfaitement Apple CarPlay et Android Auto. La télémétrie intégrée permet de se chronomètrer en piste ou sur route de campagne, une caractéristique délicieusement dangereuse qui transforme chaque trajet en essai chronométré potentiel.
Le repose-téléphone sous la console centrale s'avère horriblement mal positionné, attrapant la main quand on atteint le téléphone, bien que les deux ports de charge USB offrent une commodité moderne. Le système infotainment Alpine impressionne par ses graphiques vibrants et ses widgets personnalisables, se connectant aux smartphones avec la ponctualité suisse : rafraîchissamment fiable à notre époque de plus en plus numérique.
Performance : où la physique rencontre la poésie
Les commandes de conduite semblent délibérément théâtrales : des boutons circulaires élégants pour Marche avant, Point mort et Marche arrière, plus un énorme bouton rouge de démarrage positionné centre scène. Le mode Sport s'active via un petit bouton volant rouge ; maintenez plus longtemps pour le mode Track : ou comme nous préférons l'appeler, le mode « complètement débridé ».
Permettez-moi de faire l'éloge de la tenue de route. C'est absolument magique : l'Alpine se tortille et se tourne comme un ressort hélicoïdal et adhère au bitume comme une patelle à la pierre du port. Appuyez sur l'accélérateur avec une confiance totale : cette machine exceptionnelle vous permet d'exploiter chaque cheval sans crainte. Tant de surpuissantes supercars deviennent homicides avec des applications à demi-gaz, mais cette jolie française vous supplie d'utiliser tout.
L'agilité, la légèreté et l'adhérence créent ce qu'on ne peut décrire que comme une expérience de course moderne pure. Les amateurs se sentent comme des professionnels, tandis que les professionnels caquètent de délice devant sa réactivité extraordinaire. La direction offre une précision pointue, inspirant la confiance pour entrer dans les virages à des vitesses ridicules et en ressortir encore plus vite.
Le moteur chante avec un crépitement, craquement et pop délicieux : le turbo s'enclenchant tellement parfaitement que c'est pratiquement imperceptible, éliminant le lag grâce à une ingénierie astucieuse. Il sonne un peu comme un aspirateur électrique porté à la vitesse maximale, une bande sonore étonnamment moderne pour ce quatre-cylindres révolutionnaire.
La suspension à double triangulation représente une maîtrise absolue : 10 mm plus basse que l'A110S standard, elle communique intimement la surface de la route tout en lissant les imperfections avec sophistication gauloise. Les roues rebondissent sur les nids-de-poule et les imperfections comme par magie, glissant simultanément sur les surfaces tout en maintenant une adhérence qui défie la physique.
La boîte à double embrayage fonctionne avec une précision satisfaisante, bien que les leviers de vitesse offrent une connexion plus profonde quand on le souhaite. Non pas que l'automatique soit critiquable : elle gère les applications à plein gaz avec une aplomb impressionnant, aidée par la construction plume du poids de la voiture qui réduit le stress de transmission même à grande vitesse.
Alpine A110 R 70 Finale : C'est magnifique
À 106 490 livres, l'Alpine A110 R 70 représente peut-être la meilleure machine de course qu'on puisse acheter avec de l'argent : et oui, c'est voiture de course, pas voiture de sport. La vitesse, l'agilité, l'adhérence routière impossible, la gestion de la puissance aux roues arrière et l'accélération atteignent la sublimité automobile. C'est une machine avec des peccadilles mineures mais aucun défaut majeur, rappelant le pur plaisir de conduite de l'Alfa Romeo 4C sans le tempérament italien.
Ne vous y trompez pas : ce moteur Alpine est absolument exceptionnel. L'empereur de la légèreté : vive l'empereur. C'est beau, incroyable, magnifique et complètement fou, tout à la fois. Achetez maintenant avant que ça disparaisse : rapidement, ce qui sera certainement le cas.
L'A110 R 70 n'est pas simplement l'adieu d'Alpine à la combustion interne : c'est la poésie automobile française rendue manifeste. À une époque d'électrification et d'homogénéisation croissantes, ce chef-d'œuvre construit à Dieppe nous rappelle ce que nous perdons. Ce n'est pas juste une voiture : c'est un artefact culturel, une célébration de tout ce qui rend l'ingénierie française spéciale.
Vive la France !
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